Jeudi 11 Novembre 2004. En complément d'expositions photos au Carroussel du Louvre, les organisateurs de « Paris Photo » rendent hommage à Henri Cartier Bresson, disparu cet été, en proposant une projection du subtil film court de Sarah Moon « Henri Cartier-Bresson », suivi d'un débat en présence de la réalisatrice et d'autres anciens amis ou collaborateurs de l' « œil du siècle », comme l'a surnommé Pierre Assouline, biographe : Robert Delpire, éditeur de la quasi-totalité de ses ouvrages, les sanglots dans la voix, qui aura du mal à s'exprimer ; Maryse Cordese, présidente de
Je me souviens d'une scène merveilleuse et stimulante, probablement lors du nouvel an chinois dans un quartier du 13ème arrondissement à Paris, qui influencera dès le lendemain ma pratique photographique dans les rues parisiennes. Totalement absorbé par son sujet, concentré et à l'affût du moindre « instant décisif », il tourne et se faufile, sans aucune gêne, au sein des badauds, spectateurs et artistes. Les deux poignets accrochés à l'appareil et l'œil toujours rivé sur l'objectif, il se meut dans l'espace comme un poisson dans l'eau. Comme un sportif, tel un joueur de ping-pong, il a son propre jeu de jambe, modifiant ses appuis en fonction des prises de vue, qu'elles soient de face ou en contre-plongée. Dextérité des mouvements des jambes et rapidité des gestes. Diversité des positions de cadrage. Puis l'acte déclencheur, les « tirs jouissifs » successifs, comme ils les nomment lui-même. Moments qu'il compare à l'orgasme. Moments cinématographiques magiques.
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